Pathologies
10 mai 2024
Le cancer du sein
Informations sur le cancer du sein
A noter tout d’abord que le cancer du sein est de mieux en mieux pris en charge, en effet les traitements progressent, et les professionnels de santé accompagnent mieux les patients (avant, pendant, après la maladie) en leur offrant un soutien psychologique, un accompagnement social et une prise en charge de la douleur. Plus de 86% des personnes sont en vie 5 ans après le diagnostic. Il reste néanmoins un point noir : l’observance du traitement, en particulier quand il est dispensé en ambulatoire.
Le cancer du sein en quelques mots
Le cancer du sein est une tumeur qui se développe à partir des cellules constituant la glande mammaire (voir schéma ci-dessous). Les cellules malignes se multiplient de façon anarchique et forment une tumeur qui peut prendre différentes formes, chacune étant traité de manière spécifique.
source : cancer.fr
Types de cancers du sein et options de traitement
Dans 95% des cas, les cancers du sein sont des adénocarcinomes qui se développent soit à partir des cellules des canaux, on parle de cancer canalaire, soit, plus rarement, à partir des cellules des lobules, on parle de cancer lobulaire.
Si les cellules cancéreuses sont confinées aux canaux et aux lobules, le cancer est dit « non infiltrant » ou « in situ ».
Si le tissu mammaire et/ou les tissus avoisinants – voire d’autres parties du corps – sont contaminés, le cancer du sein est dit « infiltrant » ou appelé « carcinome infiltrant ».
D’autres types de cancer du sein, plus rares, existent également.
L’analyse génomique (étude du génome) caractérise les tumeurs et permet de déterminer de quel type de cancer dont souffre une patiente (cancer de type luminal A ou B, cancer de type HER2+, cancer de type basal-like, cancer de type triple-négatif) et de proposer ainsi les traitements les plus adaptés.
Les traitements peuvent recourir de manière exclusive ou panachée à :
- la chirurgie
- la radiothérapie
- la chimiothérapie
- l’hormonothérapie
- les thérapies ciblées.
Les traitements s’administrent sous différentes formes :
- par voie intraveineuse : se pratique en milieu hospitalier ou à domicile par un personnel spécialisé et entraîné ayant une connaissance des médicaments utilisés.
- par voie orale : peut-être commencée en milieu hospitalier, mais continuée en ambulatoire. Les prises sont souvent multi-comprimés et doivent être strictement respectées tant en termes d’horaire de prise, que de nombre de comprimés par prise. L’absorption ou non de nourriture avant et après la prise est également à surveiller. C’est ce qu’on appelle l’observance d’un traitement. L’utilisation des piluliers pour bien suivre le traitement contre le cancer du sein aide efficacement, en particulier quand les effets indésirables nécessitent de fragmenter les prises.
Le dépistage en France
Dans le cadre du « plan cancer » lancé par le gouvernement français, un programme de dépistage organisé du cancer du sein est proposé à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans, période de leur vie où elles ont le plus de risques de développer un cancer du sein.
Ainsi, à partir de 50 ans, les femmes bénéficient, tous les deux ans, d’une mammographie comportant deux radiographies par sein et de deux lectures par des radiologues spécialistes.
Si le radiologue détecte une anomalie est détectée (moins de 7% des cas) il pourra proposer des examens complémentaires.
Réaliser une mammographie tous les deux ans est essentiel pour détecter précocement une éventuelle tumeur.
Adhérer au dépistage est simple : vous recevez un courrier vous invitant à effectuer une mammographie de dépistage. Y est jointe la liste des radiologues de votre département agréés dans le cadre du programme de prévention national, afin que vous choisissiez votre praticien. Il ne vous reste plus qu’à prendre rendez-vous.
Adhérer au dépistage est gratuit : votre caisse d’assurance maladie prend en charge à 100% l’examen clinique et la mammographie sans avance de frais.
Adhérer au dépistage vous donne un atout majeur : en étant suivie régulièrement, la détection d’un cancer du sein sera réalisée suffisamment tôt et augmentera vos chances de guérison et nécessitera un traitement moins lourd.
Avec le dépistage du cancer du sein, devenez actrice de votre santé !
Le cancer du sein en quelques chiffres
Au cours de sa vie, 1 femme sur 8 sera confrontée au cancer du sein.
Chaque année en France, 49 000 femmes apprennent qu’elles sont touchées par le cancer du sein.
Détecté tôt, le cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 10.
Moins de 1 % de tous les cancers du sein touche les hommes.
Le nombre de décès annuels est estimé à 11 900.
Âge moyen au diagnostic en 2012 : 63 ans.
Dans plus de 8 cas sur 10, le cancer du sein touche des femmes âgées de 50 ans et plus.
Entre 1980 et 2005, le nombre de cas de cancers du sein a augmenté de 138% pour plusieurs raisons :
- l’allongement de la durée de vie
- l’augmentation du dépistage qui permet de les identifier à un stade précoce,
- et aussi, selon plusieurs experts, par l’évolution des facteurs de risque environnementaux et comportementaux.
Après 40 ans, les statistiques indiquent que le risque d’avoir un cancer du sein se multiplie une fois et demie tous les dix ans.
Facteurs de risques
La Haute Autorité de Santé met en avant plusieurs facteurs qui augmentent modérément le risque de cancer du sein :
- les antécédents familiaux
- l’obésité, notamment après la ménopause
- la contraception hormonale
- le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause
- les grossesses tardives ou l’absence de grossesse menée à terme
- la consommation d’alcool
- le diabète de type 2
- la consommation de viandes grasses.
Les avancées de la recherche
La recherche en cancérologie progresse chaque année un peu plus. L’Institut Curie, un des plus grands centres de recherche européens en cancérologie, évoque plusieurs pistes très prometteuses :
- la médecine de précision est basée sur les caractéristiques moléculaires de la tumeur. Pour le cancer du sein 4 biomarqueurs (caractéristiques spécifiques d’une tumeur) sont utilisés. En les repérant systématiquement, on peut proposer au patient le traitement, s’il existe, qui correspond précisément à la nature de sa tumeur.
- Les thérapies ciblées bloquent plus spécifiquement les cellules tumorales à la différence des chimiothérapies qui, elles, s’attaquent à toutes les cellules à division rapide de l’organisme, saines ou cancéreuses, les thérapies ciblées.
- De nouvelles méthodes diagnostiques sont développées grâce notamment au perfectionnement des techniques d’imagerie.
- La détection de cellules tumorales circulantes. Les cellules cancéreuses qui se « détachent » de la tumeur et circulent dans l’organisme sont détectées par une simple prise de sang. Cet examen devrait permettre de mieux suivre l’évolution de la maladie dans sa phase métastatique et ainsi d’adapter le traitement. Cette méthode est plus rapide et moins invasive que les biopsies.
L’ADN tumoral circulant est également une piste sur laquelle travaille l’Institut Curie.
Sources : cancer.fr, cancerdusein.org, ameli.fr, curie.fr